Agnès

Agnès Redon est fatiguée.
Son aventure a commencé, il y a plusieurs années.
C'est avec son compagnon de vie, qu'elle a insufflé ce pari.
Redonner vie à cette terre envahie qu'il a fallut défricher mètre carré par mètre carré.
Ils l'ont créé cet écomusée puis le mari s'en est allé.
Inlassablement, elle a perpétué les mêmes gestes sans avoir d'autres choix.
 
Mais Agnès est ridée, les années ont passé.
C'est dans cet état que je l'ai découvert au moment où elle n'arrive plus à avancer.
Les pierres l'ont usée.
Elle sait qu'il n'y en plus pour très longtemps, que dame nature reprendra bientôt tous ses droits.
 
Qu'il n'y a plus personne pour prendre la relève.
Que son écomusée disparaitra lorsqu'elle se retirera.
 
Triste bilan pour une vie de labeur mais le plus déchirant est de la regarder et de lire tout cela sur son visage marqué.

L’aube est encore loin et déjà une invitation sur un thème qui hante mon regard sur nos paysages.

 

L'économie moderne n’a guère fait de cadeau et les terrasses vertigineuses, abruptes, ont toutes été abandonnées. Exception faite de quelques grands crus. Et encore, ce fut au prix d'une inflation sur le prix de nos bouteilles, une inflation qui vire tout simplement au snobisme.

 

Je tire mon chapeau a Agnès. J'espère qu'elle trouvera du soutien physique dans cette belle aventure.

Agnès est une femme de conviction qui n'a jamais succombé aux sirènes de la facilité, du prêt a consommer ni du prêt a penser.

 

On paye nos choix. Je parle en connaissance de cause. J'ai pratique une aventure similaire. Aujourd'hui encore je fonce droit sur les projets avec une abnégation pathologique.

 

Je comprends que cette fameuse Agnès vous touche. Il faut prendre soin d’elle. On ne prend jamais assez soin de ces personnes, elles sont trop indépendantes.

Et elles sont toujours présentées du côté des gagnants… Pour autant le costume, les outils, le tablier, ils faut les porter.

 

Merci, je ne connaissais pas cet écomusée, maintenant je vais pouvoir m’y intéresser.