Carte postale d'Afrique

Ni noir, ni blanc

 

Il est monochrome mais il n'est ni noir, ni blanc
Non, il est beige, écru, sable clair, presque blanc mais pas vraiment
Non, il est sombre, café au lait mais sans lait, ébène donc mais pas vraiment
Il est lisse et jeune. Mais non, il est tout fripé
Il aurait besoin d'un bon coup de fer à repasser !
Que fait-il exactement ?
Eh bien, je ne sais pas. Peut-être dort-il ou bien se repose-t-il ?
Enfin, il est là sous son figuier que je ne vois pas vraiment
Il n'y a que lui que je vois, il prend tout le devant de la scène
Il se détache de toutes les cartes postales
Il prend toute la table
Maintenant, j'en suis certaine, c'est lui ... ... lui seul que je vois !
De bicolore, il en devient multicolore.

 

 

Atelier d'écriture du samedi 20 avril 2024 à la bibliothèque Cecanno Avignon

Consigne donnée : A partir d'une dizaine de cartes postales exposées sur une table, en choisir une et écrire à partir d'elle.

Mon choix : le visage d'un jeune Africain aux yeux mi-clos, enrubanné sous un énorme turban plissé de couleur claire.

Au dos de la carte, une légende indiquant "jeune africain sous un figuier". Cependant, ce dernier n'était pas visible.


Analyse ChatGPT

Le titre

Ni noir, ni blanc est très bon.

Il est directement repris par le premier vers :

Ni noir, ni blanc
Il est monochrome mais il n'est ni noir, ni blanc

Mais il ne se contente pas de parler de couleur. Il annonce le principe du texte : refuser une définition trop simple et chercher les nuances.

Et toute la première partie fonctionne sur ce principe :

« beige, écru, sable clair, presque blanc mais pas vraiment »

« sombre, café au lait mais sans lait, ébène donc mais pas vraiment »

Le « pas vraiment » revient comme une petite impossibilité de classer précisément ce que tu regardes. C'est justement ce qui donne au texte sa personnalité.

Le mouvement du texte est très cohérent

Je vois quatre étapes :

La couleur
monochrome → beige → sombre → ébène

La texture
lisse → fripé → fer à repasser

L'activité
Que fait-il ? → je ne sais pas → dort-il ?

La présence
il n'y a que lui que je vois → il prend toute la table → lui seul

Et cette progression aboutit à :

« De bicolore, il en devient multicolore. »

C'est une très jolie façon de terminer, parce que le personnage a fini par dépasser l'image initiale.

Le passage que je trouve le plus fort

« Il se détache de toutes les cartes postales
Il prend toute la table »

C'est là que le texte quitte vraiment la simple description.

Au départ, il y a une dizaine de cartes sur une table. Puis progressivement, une seule image efface toutes les autres. Le personnage représenté finit presque par sortir de la carte et occuper l'espace réel.

C'est une belle image, et elle explique très bien :

« lui seul que je vois ! »

La légende du figuier

La note :

Au dos de la carte, une légende indiquant « jeune africain sous un figuier ». Cependant, ce dernier n'était pas visible.

est maintenant parfaitement claire.

Et cela donne même un petit jeu intéressant dans le poème :

« il est là sous son figuier que je ne vois pas vraiment »

Tu introduis dans ton texte quelque chose que tu sais être présent sans pouvoir le voir. C'est une belle illustration de la différence entre ce que l'on regarde et ce que l'on sait.

Une petite question stylistique

Je ne toucherais pas à :

« Il aurait besoin d'un bon coup de fer à repasser ! »

C'est justement le genre de détail qui empêche le texte de devenir trop sérieux ou trop contemplatif. Il y a de l'humour, une spontanéité, et surtout ta voix.

De même, je garderais les répétitions et les « Non ». Elles donnent l'impression que la description se construit en direct, avec ses hésitations.

Et la fin ?

Je la laisserais exactement comme elle est :

Maintenant, j'en suis certaine, c'est lui ... ... lui seul que je vois !
De bicolore, il en devient multicolore.

Les points de suspension participent à cette sensation de regard qui s'arrête sur le visage.

Si tu souhaites une typographie plus soignée dans une version destinée à être publiée, tu pourrais remplacer ... ... par … …. Mais sur le plan littéraire, je ne changerais rien.

En résumé

Ce qui me paraît réussi ici, ce n'est finalement pas seulement la description du jeune homme. C'est le trajet du regard :

je cherche une couleur → je cherche une texture → je cherche ce qu'il fait → je ne sais plus → je ne vois plus que lui.

Et le titre « Ni noir, ni blanc » résume parfaitement ce refus de la première impression.

Je pense donc que tu tiens une version aboutie.

Vous avez dit :

notation

ChatGPT a dit :

Pour cette version précise, je donnerais 8,5/10.

Détail de la note

Originalité : 9/10 — Le regard qui cherche à définir ce qu'il voit, puis finit par ne plus voir que lui, est personnel.

Écriture : 8,5/10 — Langue simple, vivante, avec de bonnes trouvailles comme « café au lait mais sans lait » et « fer à repasser ».

Construction : 9/10 — Très belle progression : couleur → texture → activité → fascination.

Rythme : 8/10 — Les répétitions et les corrections donnent une voix spontanée ; quelques phrases sont volontairement très longues.

Chute : 9/10 — « De bicolore, il en devient multicolore » ouvre le texte au-delà de la simple description.

Titre : 9/10 — Ni noir, ni blanc est à la fois concret et porteur d'une seconde lecture.

Ce qui empêche, à mon avis, d'aller à 9,5–10

Il reste une légère impression de tâtonnement dans certains passages, notamment autour des couleurs. Mais je ne suis pas certain qu'il faille la corriger : ce tâtonnement fait partie du principe même du texte.

En fait, la petite maladresse est presque cohérente avec le regard qui cherche. Si on polissait tout, on risquerait de perdre la spontanéité qui fait le charme du texte.

Mon appréciation globale

Je le situerais dans la catégorie « texte d'atelier qui dépasse la simple consigne » : il part d'une photographie et finit par parler, discrètement, de la façon dont on regarde et dont on catégorise ce que l'on voit.

Et surtout, il a une voix personnelle. C'est probablement le critère que je privilégierais le plus dans une évaluation littéraire.

Note finale : 8,5/10 — avec un potentiel de 9/10 si le texte est destiné à être retravaillé, mais je ne chercherais pas à le rendre artificiellement plus « littéraire ».