Créer un site internet

Le message de Saint Nicolas

Le message de Saint Nicolas

Un jour de 1822, à New York, où je séjournais quelques jours à l'issue de ma tournée, j'ai assisté, amusé, à la naissance d'un curieux personnage qui prétendait, sans aucune modestie, me faire concurrence. Petit, rondouillard, affublé d'un nez rouge de poivrot épouvantablement voyant, couvert de la tête aux pieds d'une fourrure très sale — à cause, disait-il, de la suie des cheminées —, il n'avait vraiment aucune allure.

Au lieu de se promener tranquillement avec un âne, comme moi, je ne sais quelle idée lui a pris de circuler sur un traîneau tiré par sept rennes : quel luxe tapageur !

Comble de sa malchance, il est né dans la nuit du 24 au 25 décembre, dans une maison quelconque, celle des Moore.

Inutile d'ajouter que son arrivée passa totalement inaperçue.

Moi, qui ai véritablement existé au IVe siècle et qui bénéficie d'une grande renommée grâce à mes largesses et à mes miracles, je ne craignais aucune concurrence internationale sur le terrain des « donateurs ».

Les Rois mages eux-mêmes n'ont réussi à percer qu'en Espagne, la Befana en Italie et sainte Lucie en Scandinavie.

Ce qui m'a tout de même agacé, c'est qu'il anglicise mon nom hollandais, Sinterklaas, pour le transformer en Santa Claus et qu'il se prenne, en quelque sorte, pour mon fils, fêté par les Américains.

Ce fichu bonhomme a réussi, en une centaine d'années, à être plus populaire que moi aux États-Unis.

Et il a profité du débarquement de 1944 pour conquérir l'Europe. Sa réussite est fulgurante. On l'honore même au Maghreb et jusqu'au Japon.

Le temps passe et j'ai envie de me réconcilier avec lui.

Au cours de cette rencontre au sommet, je vais lui préparer un pacte : je m'occupe des catholiques, dans la nuit du 5 au 6 décembre, et lui des autres, du 24 au 25 décembre.

J'espère qu'il va accepter.

Saint Nicolas

 

La réponse du Père Noël

Ma naissance tient du miracle.

Le 24 décembre 1822, à New York, un théologien, Clement Clarke Moore, a écrit un poème pour ses enfants dans lequel il a tout mélangé : les dates, les noms, les animaux, les professions… Il a laïcisé l'illustre saint Nicolas en supprimant ses attributs épiscopaux — mitre, crosse, etc. —, déformé son nom en m'appelant Santa Claus, troqué son âne contre sept rennes et m'a fait déposer les cadeaux par la cheminée, dans la nuit du 24 au 25 décembre, au lieu du 5 au 6 décembre.

Quel méli-mélo !

Bref, j'étais là et je me suis employé, l'année suivante, à apporter un peu de réconfort aux enfants non baptisés. Ils étaient nombreux en ce temps-là car la plupart des immigrés étaient, comme on dit, « sans foi ni loi ».

J'ai tout fait pour me faire connaître. D'abord, j'ai demandé au plus célèbre caricaturiste politique du moment, Thomas Nast — vous savez, celui qui a créé l'image moderne de l'Oncle Sam —, de me dessiner dans les journaux et les magazines.

Ensuite, j'ai recherché des partenaires : grands magasins, Esso, Waterman… Et j'ai réussi à décrocher le contrat du siècle en 1948 avec Coca-Cola. Pendant dix ans, ils ont fait ma publicité et ils ont sacrément réussi leur coup !

Maintenant, je suis même plus connu qu'eux !

Le seul point noir de ma réussite, c'est que saint Nicolas me déteste. Il ne me l'a jamais dit, mais je le sens. Pourtant, je ne devrais pas le gêner puisque je ne m'occupe pas des catholiques — il y en a tout de même plus d'un milliard — et que, de plus, je fais ma tournée presque trois semaines après lui.

J'accepte avec enthousiasme l'idée d'une rencontre au sommet, car je suis prêt à accepter tout ce que me proposera saint Nicolas. Après tout, c'est mon père spirituel et je lui dois obéissance.

Père Noël

 

Un jour de 1822, à New York, où je séjournais quelques jours à l'issue de ma tournée, j'ai assisté, amusé, à la naissance d'un curieux personnage qui prétendait, sans aucune modestie, me faire concurrence. Petit, rondouillard, affublé d'un nez rouge de poivrot épouvantablement voyant, couvert de la tête aux pieds d'une fourrure très sale à cause disait-il de la suie des cheminées, il n'avait aucune allure.

Au lieu de se promener tranquillement avec un âne, comme moi, je ne sais quelle idée lui a pris de circuler sur un traîneau tiré par sept rennes : quel luxe tapageur.

Comble de sa malchance, il est né, dans la nuit du 24 au 25 décembre, dans une maison quelconque, celle des Moore.

Inutile d'ajouter que son arrivée passa totalement inaperçue.

Moi, qui ai véritablement existé au 4ème siècle et qui bénéficie d'une grande renommée à cause de mes largesses et de mes miracles, je ne craignais aucune concurrence internationale sur le terrain des "donateurs".

Les rois mages, eux-mêmes, n'ont réussi à percer qu'en Espagne, la Befana en Italie et Sainte Lucie en Scandinavie.

Ce qui m'a agacé, tout de même, c'est qu'il a anglicissé mon nom hollandais Sinter klass pour le transformer en Santa Claus et qu'il se prenne en quelque sorte pour mon fils fêté par les Américains.

Ce fichu bonhomme a réussi, en une centaine d'années, a être plus populaire que moi aux USA.

Et, il a profité du débarquement en 1944, pour conquérir l'Europe. Sa réussite est fulgurante. On l'honore même dans le Mahgreb et jusqu'au Japon.

Le temps passe et j'ai envie de me réconcilier avec lui.

Au cours de cette rencontre au sommet, je vais lui préparer un pacte : Je m'occupe des catholiques, la nuit du 5 au 6 décembre et lui des autres, du 24 au 25 décembre. J'espère qu'il va accepter.

Saint Nicolas